Ce poisson rond porte deux noms différents : il se nomme bar lorsqu’il vit et est pêché dans l’océan Atlantique, et loup dans la Méditerranée. Ce nom de « loup » vient de sa voracité. En effet, le bar ouvre la bouche en nageant et se gave de tout ce qui lui tombe sous les nageoires et qui n’est pas du plancton : sardines, anchois, bébés mulets, nouveau-nés d’anguilles (civelles), calmars, petits crabes, crevettes et tous les crustacés rencontrés, du moment qu’ils sont plus petits que lui.

Adulte, le bar est plutôt un poisson solitaire, tandis que les jeunes vivent en bans. Ceux-ci peuvent être saisis d’une frénésie alimentaire féroce, et l’on voit alors la mer bouillonner de poissons qui en assomment d’autres d’un coup de queue pour mieux avaler leur proie. L’été, le bar aime vivre près des côtes rocheuses et des plages à vagues déferlantes. Il est alors capturé à la ligne par des pêcheurs individuels. Les professionnels le pêchent en haute mer, soit à la ligne, soit au filet.

D’où qu’il vienne, un bar doit être frais, c’est-à-dire satisfaire à tous les critères de fraîcheur : œil vif, écailles brillantes, ouïes rouges, odeur marine. Les bars sont commercialisés entiers et vidés, frais ou surgelés, ou en filets, portionnés ou non, frais, sous vide ou surgelés. Les poissons entiers frais, éviscérés à bord des bateaux, sont ensuite conditionnés dans des caisses en polystyrène et recouverts d’une couche de glace pour maintenir une température entre 0 et 2 °C jusqu’à la livraison.

Un bar entier, frais ou décongelé, doit être écaillé (sauf s’il est cuisiné en croûte de sel), puis rincé et séché. Lors du filetage, il est important de bien retirer toutes les parties rouges et sanguinolentes entre la peau et la chair, qui sont généralement « ferreuses » et ternissent à la cuisson.

Il se cuit au four, avec des aromates, se poche ou se braise. Un bar de 1 kg convient pour 4 personnes. Les petits bars d’élevage supportent une cuisson à la vapeur ou en papillote. En filets, le bar se cuisine à la poêle. Les filets sont prélevés sur un poisson de 3 à 4 kg, de façon à obtenir des pavés épais et bombés, et à assurer la cuisson la plus homogène possible.

Les filets de bar peuvent se préparer crus, en carpaccio ou en tartare. Au Japon, ils entrent dans la composition des sushis. Cuits, ils sont braisés, grillés ou rôtis.

Les bars entiers frais doivent être conservés dans une chambre froide ou au réfrigérateur pendant quelques heures au maximum après leur livraison dans la glace de leur caisse. Les filets frais sous vide portent une DLC (date limite de consommation). Les bars entiers ou en filets surgelés restent au congélateur de la livraison jusqu’à leur utilisation

Le bar est catalogué dans les poissons dits semi-gras, mais il contient moins de 5 % de lipides. Une grande partie de ceux-ci est composée d’acides gras insaturés, riches en oméga 3 bénéfiques pour toutes les cellules et particulièrement celles du système nerveux. Riche en protéines, il contient aussi des sels minéraux et surtout du fer, ainsi que des vitamines du groupe B.

  • Bar de ligne : Il est pêché à la ligne (canne, traîne ou palangre), comme son nom l’indique, à bord de petits bateaux de moins de 12 m. Il fait l’objet d’une éco-labellisation. Remonté vivant dans le bateau, il est identifié par une étiquette fixée dans une ouïe indiquant sa provenance et le numéro du bateau. C’est le meilleur. Pour préserver l’espèce, les marins bretons cessent de le pêcher de fin janvier à fin mars, période de reproduction.

  • Bar de chalut : Capturé dans des filets au chalut de haute mer, il y a de grandes chances que, comprimé, il soit mort dans ces filets. La chair est de moindre qualité. Quel que soit son mode de pêche, la taille légale de capture est 36 cm en Atlantique, en mer du Nord et dans la Manche, et 25 cm en Méditerranée.

  • Bar d’élevage : Le bar commun est élevé dans des fermes marines (en Grèce, en Turquie, en Espagne, en Italie, en France et en Croatie), de façon plus ou moins intense. Les poissons sont calibrés et pèsent entre 350 et 500 g. Leur chair est moins fine et un peu plus grasse. Il existe des élevages biologiques.

Un Label Rouge identifie les bars élevés en pleine mer, dans de bonnes conditions, sans surpopulation, et nourris à base de poissons.