Le pruneau d’Agen domine largement le marché en France. Son origine remonte au XIIème siècle. Des moines de l’Abbaye de Clairac (près d’Agen) greffèrent un prunier de Damas rapporté par les Croisés sur un prunier local et baptisèrent ce nouvel arbre « prunier d’Ente ». Lors d’une année de surproduction, ils firent sécher le surplus, initiant ainsi un fructueux commerce. Par la suite, ce pruneau d’Ente fut baptisé « pruneau d’Agen » car les sacs où étaient stockés les fruits séchés étaient estampillés du nom de ce port sur la Garonne d’où ils partaient pour rejoindre Bordeaux. Depuis 2002, le pruneau d’Agen porte une Indication Géographique Protégée (IGP) : il ne peut provenir que des pruniers d’Ente cultivés dans six départements du sud-ouest de la France.

Le pruneau d’Agen est un pruneau demi-sec (séché puis réhydraté) qui a un taux d’humidité maximum de 35 %, ce qui lui donne son moelleux. Il est charnu, a une peau plissée et brillante. Il est vendu le plus souvent dénoyauté. Le calibre des pruneaux est réglementé selon le nombre de fruits par 500 g. Inscrit sur l’emballage, il va de 33 à 44 pruneaux pour les « Pruneaux géants » à 44/55 pour les très gros et 55/66 pour les moyens. Les « petits pruneaux à cuire » (88 à 99/500 g) ne sont pas des pruneaux d’Agen. De même que les pruneaux secs (29 % d’humidité). On trouve aussi des pruneaux d’Agen au sirop, macérés (vin, Armagnac etc.), du jus de pruneau pasteurisé et de l’huile d’amandons (noyaux) de pruneaux.

En principe, les pruneaux d’Agen n’ont pas besoin d’être réhydratés. Mais s’ils sont trop secs, les plonger quelques minutes dans une eau frémissante ou tout simplement les laisser tremper dans un saladier d’eau pure ou épicée ou dans du thé pour les réhydrater et leur redonner tout leur moelleux.

Le pruneau d’Agen s’apprête aussi bien dans des préparations sucrées que salées. On peut farcir des champignons de Paris aux pruneaux ou enrouler ces fruits de fines tranches de lard ou encore les fourrer de fromage frais, de foie gras et les servir en guise d’entrée ou d’apéritif. En plat principal, on peut réaliser un filet mignon de porc farci aux pruneaux d’Agen ou un tajine d’agneau aux pruneaux avant de déguster au dessert un far breton, un clafoutis ou une compote de pruneaux ou tout simplement en compote, cuits dans un sirop au vin rouge et aux épices.

Les pruneaux d’Agen se conservent plusieurs mois à température ambiante dans leur emballage d’origine tant que celui-ci n’est pas entamé. Il faudra éviter de les exposer à la chaleur et à l’humidité. Une fois le sachet ouvert, ils se gardent plusieurs jours au réfrigérateur transvasés dans une boîte hermétique.

Le pruneau d’Agen est d’une exceptionnelle richesse en fibres douces, d’où ses bienfaits reconnus depuis des siècles sur le transit intestinal. Sa teneur en sels minéraux (et plus particulièrement en potassium) l’est tout autant. Il est aussi très bien fourni en vitamine du groupe B, en carotènes et composés phénoliques antixoydants. Pour tout cela, le pruneau d’Agen est un fruit séché exceptionnel qu’il convient de consommer le plus souvent possible, surtout lorsqu’on fait du sport : ses glucides apportent vite de l’énergie et son potassium combat les crampes.

Si le pruneau d’Agen, qui est le seul à avoir une IGP, domine le marché, il existe d’autres pruneaux en France moins connus. Ceux de Tours (Gros Damas de Tours, pruneaux de la Sainte-Catherine, ou pruneaux de Touraine) et les pruneaux de Saffres et de Viteaux, en Bourgogne.

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