Pâte feuilletée

Crédits : Mathilde de l'Ecotais

L’origine de cette pâte remonterait au XVIIe siècle. On l’attribue le plus fréquemment au peintre Claude Gellée dit Le Lorrain, alors apprenti pâtissier. Celui-ci désirait confectionner un pain spécial pour son père, malade et astreint à un régime à base de pain et de beurre. Il eut l’idée de replier plusieurs fois une pâte à pain sur une couche de beurre. Son patron lui déconseilla de la mettre au four, prévoyant que le beurre s’écoulerait sur la sole ; mais, au grand étonnement des deux pâtissiers, la pâte se mit à gonfler et à s’alléger. En réalité, on connaissait depuis longtemps le feuilletage d’origine gréco-byzantine, encore utilisé en Grèce et en Orient : une superposition de feuilles de pâte très finement étirée, toutes beurrées. C’est le principe de la tourtière landaise et de multiples pâtisseries d’Europe et du Proche-Orient, dont la baklava et le strudel parmi les plus célèbres. Avant que le feuilletage ne fût découvert, on préparait ainsi toutes les pâtisseries feuilletées. La pâte feuilletée a l’avantage d’être à la fois plus homogène et plus légère, et si sa préparation n’est pas exempte de complication, son usage est moins compliqué que celui de la pâte « feuille à feuille ». Le pithiviers, le vol-au-vent sont des pâtisseries qui remontent probablement plus loin dans le temps que l’anecdote de Claude Gellée ; il est possible que le feuilletage ait été connu des pâtissiers italiens de Catherine de Médicis. Il fallut néanmoins attendre le XIXe siècle pour qu’Antonin Carême reprît l’invention de ses prédécesseurs et donnât ses lettres de noblesse au feuilletage français, dont la technique consiste à intercaler par pliages successifs des couches de pâte et de matière grasse de même épaisseur.

Ingrédients

Préparation

Faire fondre le beurre.

Le mélanger avec le sel, l’eau et la farine.

Pétrir au batteur avec le crochet sans donner de corps. Envelopper d’un film alimentaire. Laisser reposer 2 heures au réfrigérateur.

L’abaisser ensuite au laminoir en formant un rectangle.Travailler le beurre de tourage afin qu'il ait la même consistance que la pâte. Le déposer en bas de l’abaisse. Replier dessus la partie supérieure de la pâte. Bien fermer les bords. La tourner de façon à la remettre dans le sens vertical.

L'abaisser en rectangle. Replier en trois. Donner un quart de tour et abaisser de nouveau.

Replier encore en trois. Filmer la pâte et la laisser reposer 1 heure au réfrigérateur. Répéter l’opération deux fois en respectant le même temps de repos.

Envelopper la pâte d’un film alimentaire. La réserver au réfrigérateur.

Conseils

C’est lors de la cuisson que l’eau contenue dans la détrempe et dans le beurre de tourage se transforme en vapeur et soulève chaque feuille de pâte, rendue imperméable par la fonte de la matière grasse. Une pâte feuilletée de qualité se caractérise par : — Sa légèreté. Celle-ci résulte du bon développement des feuillets. — Sa friabilité. Elle est conditionnée par la régularité des pliages successifs. — Son fondant : cela est fonction de la qualité des matières grasses sélectionnées. Il est important de retourner les abaisses après détaillage pour les déposer sur plaque avant cuisson, afin de diminuer les risques d’ovalisation et de rétrécissement. Évitez de faire couler la dorure sur les bords des abaisses, car elle coagule à 80 °C et empêche ainsi le feuilletage de se développer. Après cuisson, débarrasser sur grille afin d’éviter entre le produit et la plaque de cuisson toute condensation qui provoquerait le ramollissement de la pâte. Afin de mémoriser le nombre d’abaisse effectuée, marquer la pâte de 2 empreintes de doigts à chaque opération, soit 6 empruntes au final.

Cette recette est issue du livre "Grand Livre de Cuisine Desserts" publié aux Éditions Alain Ducasse. Voir tous les crédits

Cette vidéo a été réalisée dans une cuisine habillée par nos partenaires

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