Chocolat : magique et bon pour la santé

Par Paule Neyrat / Diététicienne-nutritionniste - 19 mars 2017
Nutrition

Si jamais vous éprouvez encore de la culpabilité en mangeant du chocolat, ôtez-vous ce néfaste sentiment de la tête : le chocolat est bon pour votre santé. On croule sous les études scientifiques qui le démontrent. Savourez paisiblement ce produit magique : il ne peut vous faire que du bien... à condition évidemment de bien le choisir et de ne pas vous en gaver !

Crédits : DR - Stock.adobe.com/Szabolcs SzekeresRéservé aux élites dans l'ère précolombienne, le chocolat s'est, siècle après siècle, démocratisé dans le monde entier

La boisson énergétique des Aztèques

Lorsque, au XVIe siècle, les Conquistadores découvrirent le tchocoatl au Mexique, cette boisson magique des Aztèques, ils ignoraient que le cacaoyer qui en fournissait les fèves y était cultivé depuis des millénaires dans les civilisations précolombiennes. Ces fèves de cacao étaient non seulement consommées mais elles servaient aussi de monnaie. Le premier européen à les voir fut Christophe Colomb, en 1502, à Guanaja (le Honduras actuel). Il y prêta aucune attention ! Il est probable qu’on ne lui avait pas offert de tchocoatl, comme ce fut plus tard le cas pour Fernando Cortès (ou Hernan Cortès), en 1519, au Mexique. Cette boisson composée de fèves de cacao grillées et broyées, mélangées avec de l’eau, du miel et nombre d’épices (musc, gingembre, cannelle) était plus que tonique. C’était en quelque sorte le Redbull des Aztèques qui la consommaient largement, y puisant leur énergie pour toutes leurs performances, y compris sexuelles. Près de 100 000 tonnes de fèves étaient consommées chaque année et ce, uniquement au palais de Moctezuma II qui gouvernait le peuple aztèque.

Une panacée européenne

Fernando Cortès comprit l’intérêt des fèves de cacao et la première cargaison fut envoyée en Espagne en 1524. Le chocolat devient très vite la boisson à la mode chez la noblesse espagnole. Une première chocolaterie est créée en Espagne en 1580, une autre à Bayonne en 1609. En 1615, le chocolat, qui était toujours une boisson à laquelle on attribuait de nombreuses vertus, s’installe à la Cour de Louis XII, lors de son mariage avec Anne d’Autriche, fille de Philippe II d’Espagne qui en était folle. Richelieu y prend goût, en consomme quand il est fatigué et son médecin, le Docteur Behrens n’hésite pas à déclarer que « son usage quotidien le remit en bonne santé et prolongea sa vieillesse ».

Il en ira de même à la Cour de Louis XIV et le chocolat, drogue ou panacée, ne cessera de soulever des passions et des controverses, surtout lorsque les premières pastilles apparaissent, facilitant sa consommation. Mme de Sévigné en parle souvent dans ses lettres à sa fille, l’adorant puis le détestant et l’accusant de mille maux. Mais on ne sait si elle n’en avait pas alors trop mangé ! Tout au long du XVIIe siècle, plusieurs droguistes (ceux qui préparaient alors des drogues, c’est-à-dire des médicaments) créent des chocolats médicinaux pour soigner nombre de maladies. Le chocolat va s’installer dans toute l’Europe. Au XIXe siècle, sa fabrication deviendra industrielle. Mais les controverses sur ses bienfaits et ses méfaits ne cesseront pas !

Crédits : DR - Stock.adobe.com/Sebastian DudaDes fèves de cacao aux tablettes de chocolat...

Riche en énergie, tonique, pourvoyeur de bien-être

Les fèves de cacao contiennent environ 14% de lipides. Après leur nettoyage et leur torréfaction, elles sont broyées en pâte de cacao qui est la base de la fabrication du chocolat. Mais on y ajoute aussi du beurre de cacao (ou hélas une autre graisse végétale puisque cela est autorisé par la Communauté Européenne). Du coup, le chocolat est un produit assez gras qui contient en moyenne 31% de lipides (mais sans acides gras saturés nocifs). Ces fèves de cacao sont aussi très amères : il est donc indispensable d’ajouter du sucre lors de la fabrication du chocolat. C’est pourquoi il est riche en calories (550 en moyenne pour 100 g) et apporte assez vite de l’énergie.

D’autre part, le mélange gras-sucre déclenche toujours la sécrétion d’endorphines dans le cerveau, ces molécules qui suscitent une sensation de bien-être. De plus les fèves de cacao renferment de petites quantités de molécules ayant un effet tonique : théobromine, caféine et phényletilamine qui renforcent cette sensation. Cette combinaison explique le bien-être particulier ressenti lorsque l’on mange du chocolat et son pouvoir anti-stress.

Bon pour le cœur, protecteur contre le cancer

Le chocolat est riche en polyphénols antioxydants. Un grand nombre d’études ont démontré que sa consommation régulière exerçait un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires. D’autres ont prouvé qu’elle pouvait aussi faire baisser une tension trop élevée et augmenter le bon cholestérol (LDL). Ces mêmes antioxydants exercent aussi un effet protecteur contre les cancers et le vieillissement des cellules. Les fibres, les sels minéraux et les vitamines du groupe B dont le chocolat est bien pourvu contribuent à cette protection.

Quel est le « bon » chocolat ?

Crédits : DR - Stock.adobe.com/katrinkiviLe beurre de cacao, matière grasse végétale obtenue après pression des fèves de cacao

Toutes les études démontrant tous ces bienfaits ont été réalisées avec du cacao ou du chocolat noir à 70 % ou 80 %. Vous devez absolument choisir du chocolat au beurre de cacao et éliminer impitoyablement celui qui est fabriqué avec d’autres matières grasses végétales, dont souvent de l’huile de palme riche en acides gras saturés. Le chocolat au lait a moins de pouvoirs. Quant au chocolat blanc, il n’en a aucun vu qu’il ne contient pas de cacao !

Et la quantité ?

40 g au minimum et chaque jour pour bénéficier de toutes ses vertus. Mais rien ne vous empêche d’en consommer plus et de choisir un chocolat très fort en cacao ! Régalez-vous sans état d’âme, mais comme pour tout, n’en abusez pas. Et ne le croquez pas à toute allure ! La bonne façon de le déguster est de faire fondre lentement, sensuellement, un carré dans votre bouche. Ainsi, vous en percevrez toute la subtilité de ses saveurs, selon son cru. En même temps, vous ferez agir votre sens de satiété qui vous empêchera de vous en gaver !

Le chocolat et l'Académie du Goût

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