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Sauces : 10 classiques à connaître (qui appellent la mouillette !)

Par Fanny Rivron - 13 mars 2018
Cuisiner pratique

Pour Auguste Escoffier, ce sont les sauces qui ont créé et maintenu l'universelle prépondérance de la cuisine française : une bonne raison de retourner, potasser ses classiques. Dans la catégorie sauces chaudes, voici 10 icônes de la cuisine française.

Crédits : DR - FotoliaLa béchamel, une sauce incontournable de la gastronomie française que vous devez absolument maîtriser !

Avant de passer au vif du sujet, il peut être intéressant de rappeler quelques bases du vocabulaire saucier : on appelle « fumets » des préparations de base réalisées avec des arêtes de poison et on parle de « fonds » lorsqu'il s'agit de préparations à base d'os de viande. Dans les deux cas, on y ajoute légumes (carottes, oignons), aromates… et beaucoup d’eau pour obtenir une préparation liquide. En toute logique, on prépare un fond de veau avec des os de veau, un fond de volaille avec des os de volaille, un fond de gibier avec des os de gibier. Autre « fondement » pour tous les sauciers : les roux brun ou blanc sont un mélange de farine et de beurre plus ou moins coloré. Voilà pour les termes fondamentaux.

Côté matériel, un saucier ne peut survivre sans une bonne casserole à fond épais, un fouet pour mater les grumeaux et un chinois, car une sauce digne de ce nom se doit d’être lisse et bien filtrée. Et maintenant, place aux sauces.

Si vous n’en retenez qu’une, retenez celle-là. Cette « sauce-mère », qui est la base de nombreuses sauces blanches, est constituée d’un roux additionné soit d’un fumet, soit d’un fond. Le velouté est la base de près d’une vingtaine de sauces : poulette (champignons, beurre persil), suprême (bouillon de volaille, crème, beurre, liaison avec jaunes d’œufs) et normande (roux blond mouillé avec du fumet de poisson et du jus d’huîtres), pour ne citer qu'elles.

À noter que cette sauce-mère peut servir de base à un potage. On l'appellera « velouté » si on y ajoute des jaunes d’œufs en guise de liaison.

Autre sauce-mère selon la classification d’Escoffier, la béchamel est attribuée à Louis de Béchameil, maître d’hôtel de Lois XIV. C’est un roux auquel on ajoute du lait et qu’on parfume d’une pincée de muscade. On retrouve la béchamel dans les gratins de légumes mais aussi dans les lasagnes ou les « œufs à la béchamel ». Elle sert elle aussi de base à d’autres sauces : si on ajoute des jaunes d’œuf et de l’emmental râpé, on obtient une sauce Mornay, si on ajoute de la sauce tomate, cela devient une sauce aurore, et une sauce ivoire si on l'additionne de bouillon de volaille.

C’est la troisième sauce-mère que l'on retrouve dans la catégorie dite des sauces brunes. On y ajoute du lard et une garniture aromatique (carotte, oignon, thym, laurier) dont les sucs ont été récupérés au vin blanc. On ajoute aussi de la tomate. Son dérivé selon Auguste Escoffier, la sauce demi-glace à laquelle on ajoute du Madère sec en fin de cuisson et hors du feu.

Pour l’auteur gastronomique La Reynière, cette sauce « armoricaine » serait devenue « américaine » après une erreur de transcription. On la réalise avec des têtes de homard ou, dans une version plus contemporaine, avec des étrilles ou des crabes verts. Les crustacés sont colorés dans l’huile d’olive puis flambés au cognac. On y ajoute un fumet. Cette sauce accompagne poissons pochés ou crustacés. Elle doit sa couleur rouge homard à l’ajout de tomate et de piment (de Cayenne ou d’Espelette).

Un classique pour assaisonner une pièce de bœuf mais aussi une viande blanche ou un poisson grillé. Il s’agit d’un mélange d’échalote, d’estragon, de poivre, de vinaigre, qu’on réduit avant d’ajouter des jaunes d’œuf. Après un fouettage énergique, on ajoute le beurre. Il existe plusieurs dérivés de la béarnaise : augmentée d’une fondue de tomates, elle devient la sauce Choron, avec de la menthe au lieu de l’estragon, elle devient sauce paloise.

Sur une base de sauce demi-glace, la bordelaise se prépare avec une réduction de vin rouge (de Bordeaux !), relevée d’échalotes, de poivre mignonnette, de thym, de laurier et de moelle de bœuf. Elle accompagne les viandes rouges.

Indispensable pour les œufs Bénédicte (ou œufs bénédictine), la sauce hollandaise est une sauce citronnée qu’on réalise en fouettant des jaunes en sabayon. On incorpore ensuite du beurre clarifié. Avec des zestes et du jus d’orange, elle devient sauce maltaise.

La sauce des gibiers à poils… On la réalise avec des parures de gibier, du vin rouge, une garniture aromatique et du poivre mignonnette. La déclinaison : avec de la gelée de groseille et de la crème ajoutées en fin de cuisson, on obtient une sauce venaison. À ne pas confondre avec la sauce grand-veneur, qui est une sauce poivrade claire liée à du sang de lièvre.

Subtilement acide, la ravigote contrebalance le gras de certains abats blancs fort célèbres comme la tête de veau. Cette sauce se fait sur une base de vinaigrette, le tout agrémenté d'herbes fraîches quand elle est froide. Chaude, la ravigote se fait sur une base de velouté de volaille, qu’on monte au beurre avec du cerfeuil et de la ciboulette. On confond donc souvent la ravigote (qui peut être chaude ou froide) avec la gribiche (toujours froide).

La gribiche étant une mayonnaise réalisée à partir de jaunes d’œufs cuits et passés au tamis puis enrichie de cornichons, de câpres, d’herbes et d’œuf durs. La sauce gribiche peut également se préparer à partir d'une mayonnaise classique.

La sauce à tout faire : après avoir mondé des tomates, on les ajoute dans une casserole où l’on a fait rissoler de la poitrine fumée, des carottes et des oignons, dans l’huile d’olive. On ajoute du fond de volaille, de l’ail, du thym, du laurier, un peu de sucre. Elle accompagne un gratin d’aubergines, parfume une bolognaise ou nappe tout simplement un poisson blanc.

Deux bons ouvrages pour aller plus loin :

Sans oublier l'incontournable ouvrage d'Auguste Escoffier, L'aide-mémoire culinaire, réédité en 2006.

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