Pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ?

Par Paule Neyrat / Diététicienne-nutritionniste - 26 janv. 2017

La fête de la Chandeleur est toujours le 2 février et se célèbre avec des crêpes. Et bien que l’on en mange facilement toute l’année, il est hors de question de ne pas sacrifier à la tradition. Mais, au fait, d’où vient-elle ?

Crédits : DR - Jérôme Rommé - stock.adobe.comUn proverbe dit « Qui mange des crêpes quand la Chandeleur est arrivée, est sûr d’avoir argent pendant l’année »

Ce nom vient de festa candelarum soit Fête des chandelles. Ce mot est tombé en désuétude, on parle maintenant de bougie ou de cierge. Elle a toujours lieu 40 jours après Noël, soit le 2 février et elle a une double origine : religieuse et païenne. Religieuse car elle célébrait la présentation de Jésus au temple de Jérusalem ainsi qu’il est dit dans l’Évangile de Luc : « Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. »

Mais pourquoi 40 jours après Noël ? Ce sont ceux de purification dont il est question dans cet Évangile. Les femmes de cette époque étaient considérées comme impures pendant 40 jours après la naissance d’un garçon (pour une fille c’était 66 jours !) et n’avaient pas le droit de paraître en public. C’était donc le cas de Marie, la mère de Jésus.

Mais dans l’Antiquité romaine, se déroulaient les Lupercales, à la mi- février. Lors de cette fête païenne, on célébrait Lupercus, dieu de la fécondité et du renouveau. Cela correspondait aussi au début de l’allongement des jours. Au Ve siècle, le Pape Gélase récupéra cette fête en organisant à Rome une procession avec des chandelles pour célébrer cette présentation de Jésus au Temple.

En fait, on ne sait trop pourquoi les crêpes sont associées à la Chandeleur ! Il semble que, déjà, lors des Lupercales, les Romains en mangeaient. On dit aussi que le Pape Gélase en aurait fait distribuer aux pèlerins, mais cette explication est remise en question par les historiens. Une autre se trouve dans le monde paysan : au retour de la célébration de la Chandeleur à l’église, on rentrait à la maison, on rangeait le cierge pour l’année prochaine et on faisait des crêpes pour utiliser le reste de la farine de sarrasin de l’année. Rondes et dorées, elles évoquaient le soleil revenu à la fin de l’hiver.

Mais les crêpes de la Chandeleur étaient aussi associées à la prospérité. Un proverbe dit « Qui mange des crêpes quand la Chandeleur est arrivée, est sûr d’avoir argent pendant l’année ». On enfermait une pièce de monnaie dans une crêpe et on la gardait en haut de l’armoire jusqu’à l’année suivante. Une autre tradition, pas complètement perdue dans certaines familles, est de faire sauter une crêpe en tenant un pièce d’or dans l’autre main : si la crêpe retombe dans la poêle, c’est la prospérité assurée toute l’année ! On peut toujours essayer, ça devrait marcher aussi avec un simple euro...

En France, si les crêpes de Bretagne sont les plus célèbres (encore que souvent, elles se nomment « galettes » !), il y en a dans toutes les régions : les calimpernants du Perche sont fourrées de crème, les vautes lorraines le sont de lamelles de pommes, les Eierkuckas alsaciennes sont tartinées de gelée de groseilles. La pâte à crêpe peut se faire avec de la farine de châtaigne et les crêpes se fourrer de châtaigne, ou de poires et de chocolat, se soufflent avec du citron vert, et se transforment en aumônière. Mais les crêpes Suzette restent un grand classique !

Les crêpes traversent également les frontières. Les Marocains aiment déguster les baghrirs, aussi appelés crêpes aux mille trous, les Belges raffolent de crêpes bouquettes, sans oublier les pancakes, ces crêpes épaisses originaires des Etats-Unis.

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