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L’Epiphanie : la galette et les traditions à la fête

Par Auréline Rupert - 29 déc. 2014 - Mis à jour le 14 déc. 2017
Un produit, une histoire

A peine est-on remis des fêtes de Noël, que l’Épiphanie arrive, le 6 janvier. Et, avec elle, son lot de galettes à partager où une fève se trouve toujours enfermée. Une fête dont les traditions changent d’une région à l’autre. Tour d’horizon de ses recettes et ses interprétations.

La légende chrétienne dit que trois Rois Mages se rendirent à Bethléem faire allégeance au Christ nouveau-né. En grec, Épiphanie signifie « apparition ». A cause de l’étoile qui apparut aux Rois Mages, ce nom fut donné à cette fête. Mais l’Épiphanie était déjà célébrée bien avant le christianisme. Son origine se trouve dans les fêtes païennes de la Lumière. Elles duraient 12 jours à partir du solstice d’hiver, le 22 décembre qui a la nuit la plus longue de l’année, et jusqu’au 6 janvier. Les Romains célébraient aussi la fin de ces jours néfastes dus au dieu Saturne et ce retour de la lumière avec les Saturnales. Ces fêtes donnaient lieu à nombre de débauches et de beuveries qui ne collaient pas vraiment avec la religion chrétienne. C’est en quelque sorte pour contrecarrer et récupérer ces Saturnales que la légende de l’Épiphanie fut installée dans un Évangile, celui de Mathieu et qu’elle devint ainsi une fête chrétienne.

Lors des Saturnales, l’ordre social était inversé. Les esclaves jouissaient (provisoirement) de l’autorité. Dans chaque famille, l’un d’eux, au cours d’un banquet, était désigné comme le Prince des Saturnales et pouvait faire tout ce qu’il voulait (avant de retourner à l’esclavage ou même d’être mis à mort). Il était désigné par tirage au sort des parts d’une galette, celle-ci étant le symbole du soleil, où une fève y était cachée. Cette tradition a été reprise pour l’Épiphanie chrétienne et ce Jour des Rois s’est solidement installé au fil du temps, résistant aux aléas de l’histoire. Et même à la Révolution où ce jour fut transformé en « Jour des sans-culottes » et le « Gâteau des Rois en « Galette de l’égalité ». Mais galette et fève ont évolué.

La France fut longtemps coupée en deux grandes régions linguistiques, celle de la langue d’oc au sud et au nord, celle de la langue d’oïl. La galette des rois fut aussi différente. Dans le sud, on est passé de la pâte à pain améliorée à la brioche en couronne fourrée de fruits confits et/ou de grains de sucre, prenant des noms différents selon les régions. Elle s’est longtemps nommée « Gâteau des Rois » dans le Bordelais, « Conque » dans le sud-ouest, « Royaume » dans le Languedoc, « Tourte des rois » en Provence. Au nord, la galette en pâte feuilletée fourrée de frangipane ou de crème d’amande est apparue au 17ème siècle. Puis, peu à peu, elle s’est répandue dans toute la France. Mais, au 18ème siècle, elle fut l’objet d’un conflit entre boulangers et pâtissiers. Les premiers offraient des gâteaux des Rois à leurs meilleurs clients, les seconds, très fâchés, leur firent un procès qu’ils gagnèrent. Un arrêté du Parlement de Paris interdit aux boulangers d’utiliser beurre, œufs et sucre. Qui fut vite oublié !

Ce fut longtemps une graine. Utilisée depuis l’Antiquité dans bien des scrutins, la fève était un symbole était un symbole de fécondité à cause de sa forme évoquant l’embryon. Dans la galette, elle résistant bien à la cuisson. La fève en porcelaine vit le jour en 1874, et en Allemagne. Probablement parce qu’alors la mode était aux « biscuits », petites statuettes de porcelaine non émaillée. Une autre explication est avancée : la tradition voulait que celui qui était Roi offre un cadeau ou à boire aux participants de la fête. Certains, pour éviter cette dépense, s’empressaient d’avaler la fève dès qu’ils la sentaient sous leurs dents. Depuis, la première, un poupon emmailloté évoquant l’Enfant Jésus, les fèves se sont diversifiées et toutes sortes de figurines existent, plus ou moins luxueuses. Elles sont devenues objet de collection : chaque année, les fabophiles achètent les galettes pour celles-ci. La seule galette qui n’en contient pas est celle du Président de la République, même si chaque année, la confrérie des boulangers-pâtissiers lui en offre une énorme, de 1,20 m de diamètre. Le protocole l’exige car un Président ne saurait être couronné Roi.

Maintenant l’Épiphanie se prolonge pendant plusieurs jours du mois de janvier. Rien n’empêche de tirer les Rois avec la recette classique de la galette à la frangipane, ou une galette au chocolat ou même une galette à l’ananas et pour une fête imprévue de dernier moment avec une galette facile à préparer. Quant à la brioche aux fruits confits, elle fera le bonheur d’un goûter d’enfants.

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