5 choses à savoir sur le cassoulet

Par Catherine Lasserre - 7 mars 2016 - Mis à jour le 26 sept. 2017
Un produit, une histoire

Plus que quelques semaines avant la fin de l'hiver (et le sacre du printemps) pour déguster l'une des recettes régionales les plus mythiques de France : le cassoulet. Un plat paysan et roboratif qui ne cesse de déchaîner les passions depuis des siècles. Loin de nous l'idée de déterminer quelle est la véritable recette, sinon de décrire les différents caractéristiques de ce plat légendaire, qui fait craquer jusqu'aux hipsters de New York (la spécialité a été décrite comme le "nouveau ramen" par le New York Post).

Crédits : DR - Pierre MonettaLe cassoulet, l'un des plats emblématiques du Sud-Ouest

Les puristes - ceux pour qui Castelnaudary est le fief incontesté du cassoulet -, ne jurent que par les haricots blancs du Lauragais. Ce haricot lingot fin et presque immaculé est l'un des ingrédients phares du cassoulet. Pourtant, le haricot a été introduit bien plus tard à la recette du cassoulet telle que nous la connaissons aujourd'hui. Au Moyen Age, ce sont les fèves qui composaient ce ragoût de viande. Il faudra attendre la conquête du Nouveau Monde et l'importation de différentes variétés de haricot pour voir cette légumineuse devenir l'emblème de l'estouffet qui deviendra plus tard le cassoulet. Notez que les cocos de Pamiers (Ariège), et les fameux haricots tarbais (IGP depuis 2000), pour ne citer qu'eux, peuvent être utilisés pour préparer un cassoulet.

Il n'y a pas de bon cassoulet sans une cuisson dans LE plat en terre cuite aux bords évasés, la cassole. Le terme « cassoulet » tire d'ailleurs son origine du nom de cet ustensile... La cassole permet une répartition homogène de la chaleur et favorise, surtout, une cuisson lente, deux conditions sine qua non pour obtenir des haricots et une viande fondante. Faut-il préciser qu'un cassoulet se cuit dans un four ?

Si le porc et le confit de canard tiennent une place de choix dans les différentes versions de cassoulet, sachez que la viande de mouton s'invite avec bonheur dans ce plat. A l'instar du cassoulet de Carcassonne, qui ajoute du gigot de mouton ou d'agneau. Et en période de chasse, la perdrix (ou le perdreau) se glisse dans le cassoulet toulousain. Mais comme il n'y pas un cassoulet mais DES cassoulets, la présence du mouton varie selon les régions... et les traditions familiales !

Quel est le meilleur cassoulet : celui de Castelnaudary ou de Carcassonne ?

Une fois n'est pas coutume, les puristes (encore eux) vous diront qu'il est inutile de saupoudrer le cassoulet de chapelure avant de l'enfourner. La croûte si caractéristique se forme toute seule à la surface du cassoulet. Dans Le festin occitan datant de 1929, Prosper Montagné, illustre cuisinier français (1865-1948) préconise de mettre « […] la cassole ainsi apprêtée au four jusqu'à ce qu'une croûte uniforme brune se forme, crevez la croûte et la laisser se reformer. La tradition veut que la croûte soit crevée sept fois." La patience est donc de rigueur pour obtenir cette croûte brunie par la chaleur du four. Exit la chapelure donc, tout comme la tomate d'ailleurs !

Comme pour le couscous, il n'y a pas une mais plusieurs versions de ce plat originaire du Languedoc-Roussillon. Chaque ville prépare le cassoulet selon les disponibilités alimentaires locales mais aussi en fonction des préférences de chacun. Prenez le mounjetado (de mounjettes, haricot en occitan) : ce cassoulet ariégois est composé de cocos de Pamiers agrémentés de coustellou (travers de porc), de coudenats (saucissons de couenne), de saucisse de foie sèche, de couenne fraîche, de canard ou de mouton. Il existe aussi dans la région un cassoulet de la mer réalisé avec du stockfish.

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