Épiceries en vrac : les courses vertes sans être dans le rouge

Par Fanny Rivron - 3 oct. 2017 - Mis à jour le 24 nov. 2017
Cuisiner pratique

On croyait cette espèce commerciale quasiment éteinte mais l’épicerie en vrac est de retour dans nos villes. Nous avons poussé la porte de l’une des 31 boutiques Day by Day de France, celle des Batignolles à Paris, pour parler courses écolo avec le maître des lieux, Damien Di Cicco.

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Il y a d’énormes bacs de coquillettes ou de farfalles, des caisses de savon en morceaux, des bonbonnes d’huile ou de vinaigre, des grands pots d’épices. Un vrai petit supermarché avec zéro packaging. « On ne fait simplement pas de produits frais, car on est complémentaires avec les commerçants de quartier, qui sont sur le même combat que nous et qui vendent en vrac », nous explique Damien Di Cicco. Pour le reste, tout y est : pâtes, riz, légumes et fruits secs, bonbons et chocolats, thés et cafés, vins et sirops, mais aussi cosmétiques et droguerie. Dans les bidons du rayon en question, on puise, au robinet, du liquide vaisselle ou de la lessive, comme du nettoyant pour le sol ou les vitres.

« Dans nos épiceries, on peut procéder de plusieurs façons », informe Damien Di Cicco. Chacun peut venir avec un contenant, à condition qu’il soit propre. On le pèse puis le client le remplit comme il l’entend et selon ses besoins : un quart de Côtes-du-Rhône, une poignée de noisettes, quelques grammes de cannelle. Et on pèse de nouveau en caisse. Pour les courses improvisées, des sachets en papier kraft sont à disposition, ainsi que des bocaux ou des bouteilles en verre, qu’on se procure pour quelques centimes. « Il y a aussi des bocaux gratuits, que nous récupérons auprès de nos clients et que nous lavons pour les donner à d’autres. » Les maîtres-mots de la maison : confort d’achat et convivialité. « Notre vision, c’est une boutique en libre-service assisté : il y a toujours quelqu’un pour conseiller. Du coup, les clients échangent aussi entre eux », se réjouit Damien Di Cicco.

Bien sûr, la démarche est avant tout écologique, car on supprime les emballages. Mais, parce qu’il enraie le gâchis, le vrac est également économique. Le chiffre, avancé par Damien Di Cicco, viendrait de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et il est parlant : « Mettre un terme au gâchis alimentaire en France permettrait une économie de 270 euros par personne et par an ». Et d’expliquer : « Avec le vrac, quand on a besoin d’une pincée d’épices pour faire une recette, on achète cette petite quantité au lieu d’un pot, dont le contenu va perdre sa saveur, et qu’on va finir par jeter, car périmé. Même chose pour la terre de Sommières ou les détachants. Vous avez une tache, vous n’avez pas besoin d’un litre de produit. C’est en évitant tous ces petits achats qu’on économise. »

Du côté des fournisseurs, « notre démarche, c’est de prendre au maximum en France et de privilégier les producteurs qui ont une démarche écologique », précise notre commerçant. « Certains produits, comme les noix de cajou ou les amandes, on n’en produit pas, ou pas assez, en France. Dans ces cas-là, on va chercher le produit là où c’est la spécialité. » Au final, sur les étals, plus de 50% des produits sont français et on a affaire aux meilleurs : chocolats Weiss, savons de Marseille Marius Fabre, biscuits Apiflor… Pour faire baisser les prix, les intermédiaires sont limités et les produits sont commandés en grosses quantités. « Le fait d’être une franchise permet de ne pas pénaliser les producteurs financièrement. Ils ne modifient pas leurs méthodes de conditionnement juste pour trois boutiques. »

« Il suffit de récupérer quelques boîtes et contenants pour stocker les produits », résume Damien Di Cicco. « Certains clients en profitent pour refaire la décoration de leur cuisine avec des beau bocaux ». « Faites votre liste de courses pour venir avec les bons contenants », conseille-t-il également. « Chez Day by Day, tous les produits sont sur le site pour vous aider à anticiper vos achats ». Et si l’on n’a pas d’épicerie en vrac près de chez soi ? « On peut essayer d’aller voir ses commerçants avec ses contenants. Le vrac se démocratise, il est mieux accueilli. Les vendeurs sont même contents d’éviter un déchet », assure Damien Di Cicco. À vos boîtes, donc.

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