Coronavirus : cri d’alerte du chef Stéphane Jégo pour sauver producteurs et restaurateurs

Par Marie Cloupet - 18 mars 2020 - Mis à jour le 19 mars 2020
Société

“Assureurs, que faites-vous pour contribuer à l’effort de guerre ?” Stéphane Jégo, chef au verbe haut, appelle à la mobilisation à travers une pétition adressée au gouvernement. Il demande l’état de catastrophe naturelle sanitaire. Le but : permettre aux assurances d’indemniser les commerces impactés par la crise.

Crédits : AdobestockSamedi 14 mars à minuit, bars et restaurants ont fermé leurs portes

Le chef de l'Ami Jean, fringant restaurant du VIIème arrondissement, lance un cri d’alarme au nom de la profession... “au sens large”. “Producteurs, pêcheurs, éleveurs, chef.fe.s, restaurateurs.trices, du 3 étoiles michelin au bistro du coin… on est tous concerné.e.s. On contacte tous nos assureurs. On a tous droit à une fin de non recevoir.”

Pour cause : le risque de pandémie mondiale ne connaissant pas de précédent, il n’était intégré à aucun contrat d’assurance. “Aucune perte n'est prise en charge : il y a là un vide juridique et les lignes doivent être réécrites, poursuit le chef. Je pense beaucoup à nos fournisseurs, par exemple à Sylvain Erhardt, producteur d’asperges. Un Dieu dans son domaine, mais il ne peut pas empêcher la nature de faire son oeuvre. Ne pas livrer ses asperges représente une perte sèche.”

Nous avons besoin que l’état de catastrophe naturelle sanitaire soit déclaré rapidement, pour que les assureurs nous aident”. C’est le sens de la pétition que le chef adresse cette semaine au Ministre de l’Economie et des Finances ainsi qu’à d’autres membres du gouvernement.

Gilets jaunes, grèves en décembre... Les trésoreries avaient déjà commencé à fondre. Sans l’aide des assurances, c’est une nouvelle pierre sur la tête et on va couler tranquillement” déplore le chef qui emploie habituellement 18 personnes.

Après avoir passé le début de la semaine à travailler sur les contours d’une future réouverture, la possibilité de souscrire à un crédit pour payer les fournisseurs et conserver un minimum de trésorerie, Stéphane Jégo explique ne pas encore avoir trouvé de solution à l’équation. “Ce cri d’alarme, c’est pour avoir les moyens de prévoir demain et penser à la réouverture. On ne minimise pas la crise, on respecte les consignes, on fait attention à nos employés, et on aimerait les mettre dans des situations de confort. Déclarer l’état de catastrophe naturelle est nécessaire et j’aimerais que tous les chef.fe.s portent cette voix avec moi. Plus on sera unis, plus on sera forts.”

Signer la pétition “Sauvons nos restaurants et producteurs”.

Parmi les 8000 premiers signataires au moment où nous écrivons ces lignes : Hélène Darroze, Jean-François Piège, Alessandra Montagne, Alain Ducasse, Bertrand Grébaut, PIerre Gagnire, Grégory Marchand, etc.

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